Environnement : dans les Alpes du Nord et aux portes de l'Oisans, entouré par le massif du Taillefer ( 2857 m ) et la montagne du Grand Serre, entre la vallée de la Romanche et la vallée de la Roizonne.
Animateurs Olivier Leveugle et Gisèle Rigal de Moulin Vieux à la Cabane du Col - ( Gr 2 ) - Plancol et Baisse (Gr 1) et retour
Texte et photos de Gisèle
Le dimanche, on fait du sur mesure. Deux groupes pour le
plaisir de tous. Un sportif et un
autre plus contemplatif, même si tout est relatif. Donc un groupe
encore animé par un sentiment d’invulnérabilité, en grande
forme, aimant les variantes, friand d’itinéraires incertains, pas
forcément adepte des sentiers de Grande Randonnée ( GR ) et encore
moins des PR ( sentiers Promenades et Randonnée ) L’autre groupe, avance
de son fameux « pas du bœuf » ou « de sénateur » C'est selon, tout le monde
n’a pas vu le bœuf avancer mais de sénateur non plus ! Bref, un
pas tranquille, un itinéraire pas éreintant du tout, tiré au
cordeau, à l’ombre, en suivant les traces jaunes du PR. Les uns et les autres cheminant au même pas. Enfin presque, il y a toujours des rétifs à tout...
Au départ le
ruisseau de Vaunoire est à sec, le chemin parallèle à lui s’engage d’abord en
douceur puis plus vivement dans la forêt de conifères. S’ensuit
d’interminables lacets d’où l’on entend un merveilleux déferlement d’eau. On devine que de partout elle jaillit et cascade et chante et éclabousse et projette de multiples étincelles argentées dans une
bruine d’où les rayons du soleil explosent.
Le sentier va son chemin, l’air frais d’altitude vivifie,
plus haut on découvre un paysage de montagne, les névés venant de
l’arête faîtière traversent les barres rocheuses, les ruisselets
assagis les alimentent.
A un croisement notre sentier bifurque,
se rétrécit et grimpe en direction de la Cabane du Col. C’est une
petite et banale cabane en plein soleil, entourée d’un fatras
d’ustensiles, d’objets hétéroclites, de provisions de toutes
sortes et aussi d’une selle de cheval ?!! au delà mais pas très éloignées, des crottes de moutons à n'en plus finir. La masure doit abriter le berger
la saison de l’estive, de juin à septembre, d’ailleurs une
petite pancarte est clouée sur la porte nous invitant à respecter
le lieu d’habitation temporaire et de travail. Penauds on s’en éloigne et allons
chercher un endroit pour pique-niquer, à l’ombre, plus bas.
Assis sous des arbres,
soudain on voit passer non pas le berger mais la bergère, une jeune
femme avenante, dynamique, entourée de cinq ou six chiens. Elle et
les chiens ont accompagné les moutons, plus de mille, plus haut,
dans les prairies encore vertes, derrière la barre rocheuse. Pour le moment le danger ne vient
pas d’un manque d’eau nous dit-elle mais d’une meute de loups
qui lui a dévoré ces jours derniers une cinquantaine de bêtes.
Avant que le ciel s'assombrisse elle ira chercher brebis, agneaux, béliers et les
ramènera à la cabane où chiens et bergère monteront la garde.
Notre petit groupe
se met en branle, lentement, on a le temps. Beaucoup plus bas en
laissant le cirque derrière nous, dans une sorte de cuvette, les
restes d’une tragédie règnent. Des chardons des Alpes persistent
et se mêlent au squelette d’un agneau. Alentours les hauts sommets
du Grand Armet. Le Taillefer, Belledonne, Mont-Blanc, tout l’Oisans,
nos amis du groupe 1, nous raconteront les avoir vu.
Les chemins nous
semblent plus caillouteux que ce matin, nous traversons à nouveau
les torrents à sec, marchons sur des pierres plates, d’autres
arrondies roulent, d’autres instables nous font perdre momentanément l'équilibre. On regagne les voitures, les trois comparses du Gr 1 arrivent. Nous décidons d'aller prendre une bière, une limonade, des bulles à l'Alpes du Grand Serre.
C’était une randonnée paisible et presque silencieuse, comme la montagne les
apprécie. Une journée de
bonheur partagé, je crois. Une adéquation entre des aspirations et
un ressenti, je crois aussi.
Photo d'Edith